Oralité et Réseaux sociaux

     N’assistons-nous pas au grand retour du mythe colporté, dont les versions se multiplient au fil du temps par les narrateurs/narrataires, autrement dit  d’abord récepteurs, puis émetteur ? 

Quand l’internaute partage un lien (une vidéo, un évènement, un son…), il l’agrémente d’un commentaire et donne ainsi une couleur à l’objet qui suscite plus ou moins la curiosité des  récepteurs potentiels. La transmission orale s’est bien sûr accélérée et porte un autre nom : le buzz. A la différence de la traditionnelle et antique transmission orale plus objective quant à son objet, le buzz est très connoté, puisqu’il contribue à donner une image ou positive ou négative voire subjective, de l’objet colporté. Autre distinction : l’inscription sur la toile de la transmission, son cheminement et donc sa traçabilité, contrairement à l’oralité qui par principe s’oppose à l’écrit. Cette seconde distinction est assez puissante, dans la mesure où elle permet de multiplier le nombre de versions ; et plus l’objet est colporté, autrement dit transmis, plus il évolue vers le statut de mythe, marquant les esprits et la toile de versions multiples et variées nourries par le jeu illustrateur des récepteurs/émetteurs.

C’est en ce sens que nous assistons non seulement au retour du mythe colporté, mais au GRAND retour, parce que multiple et plus riche.

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