L’expérience narrative 4.0 VS l’expérience évènementielle 

Plus l’internaute est acteur, mieux il mémorise son expérience (à la marque). Le rôle des marques est donc de faire en sorte que leurs produits/services deviennent l’objet des conversations digitales des internautes. Converser, c’est bien, mais raconter, c’est mieux. A ce titre, Daniel Pink définit dans A Whole New Mind, la grammaire de la narration en ces termes “ability to encapsulate, contextualize, and emotionalize information, understanding, and experiences for yourself and others.” La conversation, elle, est détachée le plus souvent de l’émotionnel, et même détachée tout court. Autrement dit, elle n’est pas aussi impliquante que le récit, pour l’émetteur comme pour le récepteur. Et lorsque l’émetteur devient le récepteur, puis de nouveau l’émetteur, etcetera, etcetera – ce qui est tout à fait envisageable sur les réseaux sociaux -, le succès est d’autant plus palpable pour celui qui a proposé l’espace narratif, en l’occurrence la marque.

Quant à la mémorisation par l’expérience, les agences évènementielles ont usé du principe jusqu’à la corde. Seulement, une démarche, voire plutôt une entreprise évènementielle, est coûteuse et requiert une prise de risque physique, avec son lot d’assurances auxquelles souscrire elles-mêmes très onéreuses (n’en parlons même pas à l’heure du covid-19). Aucun risque physique à craindre sur les réseaux sociaux, et le coût est minime comparé à l’évènement physique. Qui plus est, l’expérience est peut-être plus riche et plus impactante pour l’internaute sollicité et qui se prête au jeu, dans la mesure où il n’est pas seulement l’acteur spectateur, mais il est l’acteur agissant, observé, lu, voire admiré, par les autres internautes émetteurs. Bilan des courses ? A votre avis…

La prise de parole sur les réseaux sociaux semble minime. Et pour cause, l’e-reputation que cultivent nos chers concitoyens en restant muet. Sauf que, sauf que.. La prise de parole pour balancer de la façon la plus basique qui soit un « Jaime » ou un « j’aime pas », voire argumenter derrière, met en effet en jeu l’internaute, son identité et donc sa réputation. Sauf que, Sauf que… (2ème), le narratif peut sauver la mise à cette crainte éperdue de donner son avis et donc d’être catalogué. Le narratif déplace le débat d’un basique « j’aime/j’aime pas » vers un « je raconte ».. Attention : un « Je raconte » à qui on aura donné du fil à retordre, une trame narrative sur laquelle bâtir, un début de récit qui réclame une suite… Quand je raconte, je raconte quelque chose qui ne m’atteint plus moi dans mon ontologie propre me ramenant IRL et IIL à mon e-réputation, mais participe à la construction globale du storytelling de la marque, à laquelle JE contribue, en posant MA pierre à l’édifice. Le narratif évincerait-il tous les problèmes liés à l’e-réputation ?

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